- Agriculture (25)
- aragon (8)
- écologie (24)
- basque (14)
- c'est (pas) pou rire (16)
- catalan (20)
- Non classé (1)
- Occitanie (10)
- ogm (15)
- Pays Basque (35)
- politique (39)
- 9.3.2010: Les irrigants manifestent pour plus d'eau!
- 9.3.2010: Falange et Tradition recrute ses soldats
- 24.2.2010: Force Aquitaine veut les JO de 2022
- 23.2.2010: Le futur tunnel déménage vers Lannemezan
- 16.2.2010: Soutien à EHLG
- 16.2.2010: Radio France pas assez occitan!
- 13.2.2010: Euronews enquête sur l'indépendantisme catalan
- 8.2.2010: Barroso veut bouffer OGM
- 1.2.2010: Cinema en grève contre le catalan
- 18.1.2010: DVD "L'eau des Pyrénées, un conflit pour le 21ème siècle?
Liste de blogs
Publicité
- mars : 2010
- février : 2010
- janvier : 2010
- décembre : 2009
- novembre : 2009
- octobre : 2009
- août : 2009
- juillet : 2009
- juin : 2009
- mai : 2009
- avril : 2009
- mars : 2009
- février : 2009
- janvier : 2009
- décembre : 2008
- novembre : 2008
- octobre : 2008
- septembre : 2008
- août : 2008
- juillet : 2008
- juin : 2008
- mai : 2008
- avril : 2008
- mars : 2008
- février : 2008
- janvier : 2008
- décembre : 2007
- novembre : 2007
- octobre : 2007
- septembre : 2007
- mai : 2007
- avril : 2007
- mars : 2007
- janvier : 2007
Les basques c’est l’Europe Bis!
TRIBUNE LIBRE : LES LANGUES REGIONALES DE FRANCE ET LE DESIR D’EUROPE
SUD-OUEST 28 MAI 2009
Contrairement aux médiocres arguments des communautaristes français (je nomme ainsi les nationalistes souverainistes de tous bords), les langues régionales ne sont pas synonymes de repli et d’enfermement, mais, bien au contraire, d’ouverture et d’échange. Ce qui m’apparaît comme porteur d’un repli identitaire dangereux, c’est bien l’idéologie française, celle qui consiste à enseigner une histoire de France mythique, celle d’une Gaule préexistante à la France éternelle.
L’histoire de France est une construction idéologique, les frontières de la France ne sont pas naturelles et les Gaulois ne sont pas les ancêtres communs de tous les Français ! L’histoire de France, telle qu’elle est encore enseignée aujourd’hui, est un déni d’Europe. Pire que cela, elle véhicule un nationalisme français. Les langues régionales de France participent ainsi à une remise en cause salutaire de la vision mythique, mystificatrice, patriotique, nationaliste de l’histoire de France. Elles sont préexistantes à l’État-nation français et à tout son cortège de violences, de silences et de mensonges. Elles sont constitutives de l’identité européenne et sont emblématiques d’une « communauté » qui fait fi des frontières nationales. Beaucoup de langues « régionales » de l’Hexagone (occitan, basque, catalan, alsacien, flamand, franco-provençal) sont transfrontalières. Elles incarnent une réalité transnationale et constituent des passerelles entre des citoyens de différents États. Quel intérêt évident y aurait-il à développer un enseignement précoce des langues régionales ! Pour beaucoup de linguistes, notamment Claude Hagège, l’apprentissage d’une langue régionale dès la petite enfance est un atout majeur pour parler des langues étrangères. Prenons donc exemple sur les écoles associatives par immersion qui enseignent, dès la maternelle, le basque (ikastola), l’occitan (calandreta), le breton (diwan) ou le catalan (bressola).
Il est grand temps d’arrêter cette chasse aux sorcières linguistique et faire entendre que les langues régionales sont des vecteurs d’Europe. Il n’y a que les communautaristes français pour penser encore que seule la langue française est l’incarnation des valeurs de liberté et d’universalité. Toutes les langues, fussent-elles « régionales », sont des instruments de pensée, de conceptualisation, de libération et d’émancipation.
Pour un Européen convaincu, il est donc essentiel de reconnaître la pluralité linguistique européenne et de promouvoir, en France, une politique linguistique publique qui favorise l’apprentissage précoce d’une langue régionale, ferment assuré d’un plurilinguisme européen heureux.
De ce point de vue, il est grand temps que la France accepte, enfin, de ratifier la charte européenne des langues régionales ou minoritaires, qui inscrit dans son préambule que la protection et la promotion de ces langues dans les différents pays et régions d’Europe « représentent une contribution importante à la construction d’une Europe fondée sur les principes de la démocratie et de la diversité culturelle, dans le cadre de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale ».
Le besoin d’Europe passe avant tout par le désir d’Europe, un désir qui doit se décliner dans toutes les langues d’Europe, nationales et officielles, mais aussi régionales et minoritaires.
Patrick LAVAUD
Directeur des Nuits Atypiques de Langon
| Imprimer