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Archive pour 13.8.2009
Crise au Pays Basque
13.8.2009 par depradachristophe.
Crise politique et crise économique en Pays basque
12/08/2009
Ioritz LARRASA
Alors que l’organisation armée basque ETA a «fêté» ses 50 années
d’existence le 31 juillet dernier, en soufflant un immeuble de la Guardia civil à
Burgos, puis en tuant deux gardes civils à Majorque, la situation du Pays
basque semble demeurer dans l’impasse.
En effet, au lendemain de ces attentats, les autorités espagnoles ont
affirmé êtres résolues à en finir avec le groupe armé, et ce, par le biais de
l’action policière. Ainsi, toute résolution du conflit par la voie
diplomatique semble définitivement écartée, du moins tels sont les propos que
tiennent actuellement les hommes politiques de l’autre côté des Pyrénées.
Pourtant, il semble bien mal aisé de croire que l’action policière pourra
un jour venir à bout du groupe armé, tant celui-ci est ancré dans la
société basque, malgré ce qu’affirment ces mêmes politiciens, à des fins
propagandistes.
Car si la puissance effective de l’organisation a considérablement décru
lors des vingt dernières années, la tension qu’a provoquée l’élection de
Patxi Lopez au titre de Lehendakari pourrait bien fournir un second souffle à
ETA. (…) Cette montée en puissance a connu son essor lorsque, grâce à
l’interdiction du parti indépendantiste Batasuna, l’actuel Lehendakari s’est
vu élire au poste de président en opérant une alliance contre nature et
unique en Europe entre la droite (PP) et la gauche (PSOE) dans le but avoué de
contre carrer l’accession au pouvoir des indépendantistes (…).
Cette manipulation électorale convient parfaitement aux desseins de
Madrid, d’autant plus que le tribunal de Strasbourg s’y est lui aussi associé en
maintenant Batasuna (150 000 électeurs dans les trois provinces) dans
l’illégalité.
Je poserai alors une question à ces chers élus (je ne peux employer ici le
terme de démocrates) : comment voulez-vous mettre fin à la violence si
vous ne cessez de bafouer (en toute impunité puisqu’étant acteurs de ces mêmes
lois prohibitives) les droits les plus élémentaires auxquels ont droit
chaque peuple et chaque homme ?
Désirez-vous réellement la disparition du groupe armé, ou bien celui-ci
est-il devenu l’instrument sine et qua none de votre accession au pouvoir ?
Non pour sûr, il semble bien y avoir une réelle volonté d’en finir avec
l’organisation armée, mais aussi avec tout ce qui touche de près ou de loin à
l’indépendantisme basque.
L’interdiction de multiples partis politiques (datant pour certains
d’avant la guerre civile), de journaux, la négation des municipalités dirigées
par des indépendantistes, ainsi que la volonté d’effacer ou à défaut d’y
parvenir, de cacher les actions de soutien aux prisonniers politiques (retrait
de portraits, d’affiches, etc.) ne peuvent que renforcer la crédibilité
d’ETA.
(…)
Si l’existence d’une ETA faible permet aux partis espagnols de gagner des
voix en rassemblant sous le carcan de la lutte «antiterroriste» (on l’a vu
après le 11 mars 2003), qu’espèrent donc ces mêmes partis en exacerbant les
haines sinon assurer à ETA un «vivier» prospère pour contrecarrer l’action
de la police française (??? erreur??) , jugée un peu trop zélée, et
maintenir ainsi son programme politique favori : la lutte contre ETA.
Car quelles sont les mesures prises par Lopez pour lutter contre la crise,
et celles pour lutter contre l’indépendantisme ? La comparaison saute aux
yeux : aucune mesure sociale significative, ni en ce qui concerne Zapatero,
qui doit pourtant résorber un taux de chômage de 17 % dans son pays «Un et
Indivisible».
En revanche, la première mesure prise par Lopez lors de son sacre a été de
modifier la carte de la météo de la chaîne ETB, représentant le Pays
Basque dans son intégralité, afin d’y faire figurer toutes les frontières
politiques. Loué soit Dieu, enfin un socialiste qui s’attaque avec force et
vigueur aux fléaux de la crise et qui est fermement décidé à y mettre fin.
La France, elle, lutte farouchement contre le groupe armé, car elle craint
que son bout de terroir ne soit contaminé par la lutte armée, comme ce fut
le cas il y a une trentaine d’années avec l’apparition du groupe
Iparretarrak, et avec les actions de plus en plus fréquentes (et donc gênantes),
notamment du groupe Irrintzi.
La République entend étouffer dans l’oeuf l’expansion du mouvement
abertzale au nord, mais sans faire de vague, afin de ne pas déclencher un
mouvement de plus grande ampleur qui pourrait conduire les touristes à éviter de
fréquenter la région et menacerait par là même l’intégrité de son territoire.
Les forces de l’ordre républicaines s’en tiennent donc pour l’instant à un
travail de fichage dans le but d’intimider les jeunes nationalistes et
d’isoler le nouveau groupe armé qui demeure un mystère à leurs yeux.
L’Hexagone se garde bien d’accentuer la pression contre les
indépendantistes, à la manière de l’Etat espagnol, et préfère nier ce problème (jusqu’à
ce qu’une action armée ait lieu, alors on condamne un «acte lâche et
imbécile»). Comment s’étonner alors que des attentats soient commis, quand la
violence est le seul moyen par lequel l’existence de problèmes au Pays basque
est vaguement évoquée ?
On remarque alors au lendemain de l’attentat que toutes les autorités le
condamnent, mais on ne va surtout pas évoquer les raisons qui ont poussé des
individus à placer ces artefacts : on les présente comme des marginaux
illuminés par une utopie irréalisable et un peu perdus…
N’évoquons surtout pas la spéculation immobilière, qui empêche les jeunes
basques de vivre dans leur commune d’origine, au profit de retraités
fortunés parisiens ou bordelais, qui vont y résider le temps de la saison
estivale. Ne parlons pas non plus de la dépendance affligeante qui en résulte,
toute l’activité économique étant tournée vers le tourisme, alors que l’on sait
bien que l’abondance de touristes dépend de nombreux facteurs, sur
lesquels certains événements comme les crises économiques (c’est juste un
exemple…) peuvent tout faire basculer.
Enfin, continuons à avancer vers ce joli précipice, en prenant soin de
fermer les yeux tout de même !
Après tout, Victor Hugo ne qualifiait-il pas déjà notre beau terroir et
ses habitants de «petit peuple dansant et chantant aux pieds des Pyrénées».
L’illustre écrivain écrivit pourtant aussi : «Un basque n’est ni français,
ni espagnol. Il est tout simplement basque.»
Je crois ne pas me tromper en pensant, au vu des politiques menées
actuellement, que les chefs d’Etat français et espagnol préfèrent la première
citation. Et pourtant…
A voir l’analyse de Jean-Pierre Massias sur les dernières élections au Pays Basque
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